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Le taux d'occupation
C'est le rapport entre les heures vendues et les heures de présence productive. Il répond à une question simple : sur une journée payée, combien d'heures ont été facturées ?
C'est l'indicateur le plus décisif et le plus rarement mesuré. Un atelier à 60 % et un atelier à 80 %, à charges identiques, ont des résultats sans commune mesure. Et contrairement au taux horaire, l'améliorer ne coûte rien au client : il s'agit d'organisation — pièces prêtes avant le véhicule, planning qui tient, moins d'attente.
La productivité
C'est le rapport entre le temps vendu et le temps réellement passé sur une intervention. Un forfait vendu 1,5 heure et réalisé en 1,2 heure donne une productivité de 125 % ; réalisé en 2 heures, de 75 %.
Cet indicateur ne juge pas les compagnons — il juge les barèmes. Une opération systématiquement sous 100 % est mal barémée, ou mal outillée, ou mal préparée. C'est une information de gestion, et la confondre avec une évaluation individuelle est le meilleur moyen de faire saboter le pointage par l'équipe.
Le taux horaire effectif
C'est le chiffre d'affaires de main-d'œuvre divisé par les heures réellement passées. Il est presque toujours inférieur au taux affiché, et l'écart est instructif : remises accordées, heures offertes, diagnostics non facturés, reprises sous garantie interne.
Un atelier affichant 90 € de l'heure et réalisant un taux effectif de 68 € ne perd pas de l'argent sur son tarif : il en perd sur ce qu'il ne facture pas. La correction ne passe pas par une hausse de tarif mais par la fin des gestes gratuits non décidés.
La marge sur pièces, le panier moyen et la rétention
La marge sur pièces se lit en valeur et en taux, par mois. Si elle s'écarte de la grille théorique, des prix sont saisis à la main — il faut savoir pourquoi avant d'y voir un problème.
Le panier moyen par ordre de réparation mesure votre capacité à traiter le véhicule dans son ensemble plutôt qu'à répondre au seul symptôme. Un atelier qui inspecte systématiquement et conserve ses travaux différés voit ce chiffre monter sans rien vendre de force.
La rétention, enfin : quelle part de vos clients de l'an dernier est revenue cette année ? C'est l'indicateur le plus prédictif de la santé d'un atelier à trois ans, et celui que personne ne calcule. Il ne s'améliore pas par la publicité mais par le rappel d'échéance, qui coûte quelques centimes.
Comment les suivre sans y passer ses soirées
Aucun de ces six chiffres ne se calcule à la main de façon soutenable. Tous découlent de données que l'atelier produit déjà — s'il les saisit au bon moment : le temps pointé à l'intervention, la pièce sortie à la pose, le document émis depuis le dossier.
C'est la vraie raison d'être d'un outil de gestion, bien avant l'édition des factures : il transforme des gestes quotidiens en chiffres exploitables, sans travail supplémentaire en fin de mois. Un atelier qui saisit correctement obtient ses indicateurs gratuitement ; un atelier qui saisit après coup ne les obtient jamais.
